Edito

Les femmes du monde entier sont victimes, en privé comme en public, d’inégalités et de discriminations, perpétuées par des habitudes et des pratiques profondément ancrées ; ce qui leur confère une dimension mondiale et universelle. La lutte pour l’égalité et la parité, la promotion et l’autonomisation des femmes, les violences faites aux femmes constituent ainsi autant de domaines de préoccupations portées par les défenseurs des droits humains à travers le monde.

Il y a vingt ans, la quatrième conférence mondiale sur les femmes s’est tenue sous l’égide de l’ONU à Beijing (Pékin) en Chine. 189 gouvernements, 2 100 organisations non gouvernementales (ONG) et plus de 5 000 représentants s’y sont clairement engagés concernant les mesures à prendre pour protéger et promouvoir les droits de la femme et de la petite fille et pour promouvoir l’égalité des sexes tant au niveau politique qu’au sein des programmes d’action.

Dix ans plus tard, en 2004, le Maroc a procédé à la révision de la Moudawana. Des avancées réelles ont ainsi été introduites dans ce Code du statut personnel, améliorant entre autres les droits des femmes et répondant ainsi à une revendication qui remonte au milieu des années 1970. Ces avancées ont porté sur la consécration des principes égalitaires, la coresponsabilité ainsi que sur la réciprocité des droits et des devoirs entre les conjoints.

La révision de la Constitution en 2011 est venue compléter ces avancées. Elle a ainsi expressément consacré les principes d’égalité, de parité et de lutte contre les discriminations fondées sur le sexe dans pas moins de douze dispositions.

Enfin, le 2ème Forum mondial des droits de l’Homme tenu à Marrakech en novembre dernier a fait une large place aux débats autour des droits des femmes et a donné lieu à plusieurs recommandations portées par les promoteurs de ce combat mondial. Le message royal adressé à cette assemblée a tenu à rappeler les priorités relatives à ce sujet au Maroc, à savoir la mise en place de l’Autorité pour la parité, la lutte contre toute forme de discrimination ainsi que l’accélération de l’élaboration et de l’adoption de la loi contre la violence à l’égard des femmes.

C’est pour capitaliser sur cette dynamique que le CNDH, en partenariat avec ONU-Femmes, a choisi de consacrer cette édition du Salon international de l’édition et du livre aux questions liées à la parité et à l’égalité entre femmes et hommes, dans une perspective promotionnelle visant à ancrer les valeurs d’égalité, de parité et de droits des femmes par le biais de l’action culturelle. Cette initiative pourrait contribuer davantage à la mise en valeur de la production littéraire et scientifique des/sur les femmes.

Ce stand sera essentiellement animé par des femmes pour dire les obstacles et les embûches qui restent sur le chemin de l’égalité des droits. Mais, c’est aussi l’occasion de présenter les initiatives de ces femmes dans leur diversité, dans leur contribution au développement humain, économique, culturel et social. Vous rencontrerez et écouterez ainsi des femmes qui agissent dans les domaines politique et associatif, les champs de la connaissance et de la création, le monde de l’entreprise et de l’action sociale, environnementale et éducative, etc.

C’est aussi pour rendre hommage à ces femmes et saluer leur action pour faire avancer l’ensemble de la société que nous avons fait ce choix.

Driss El Yazami

Président du Conseil national des droits de l’Homme